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Scandale de corruption : et maintenant ?
Posté le 11 Aug 2011 par cimbomparis
Un dangereux paradoxe entoure le scandale de corruption qui ébranle le football turc depuis juillet. Alors qu'au vu de l'ampleur de l'affaire et des moyens mis en œuvre, il semble très probable que les soupçons de triche viennent a se confirmer, les clubs concernés s'apprêtent comme si de rien n'était à disputer les Coupes Européennes.

Aziz Yıldırım, président de Fenerbahçe
C'est un véritable tremblement de terre qui s'abat sur le football turc depuis le début de l'été. Suite aux forts soupçons de corruption pesant sur plusieurs matchs de la saison passée, plusieurs figures connues du football turc dorment désormais derrière les barreaux dans l'attente d'un procès, sans compter les diverses interpellations.
Minutieusement, depuis quelques mois, la police aurait procédé a des écoutes téléphoniques qui auraient mis a la lumière divers arrangements entre dirigeants, joueurs et tentatives de corruption. Depuis la date choc du 3 juillet, diverses fouilles effectuées aux sièges des clubs concernés auraient permis de déceler certaines preuves.
Parmi les noms les plus marquants incarcérés à la prison de Metris d'İstanbul actuellement : Aziz Yıldırım, président de Fenerbahçe, Tayfur Havutçu, entraîneur la saison passée de Beşiktaş, et Serdal Adalı, vice-président de Beşiktaş.
D'autres comme Şadri Şener, président de Trabzonspor, Emre Belözoğlu et Emenike (transféré entre temps au Spartak Moscou), joueurs de Fenerbahçe, Adnan Polat, ex-président de Galatasaray, Bülent Uygun, entraîneur d'Eskişehir, Yılmaz Vural, entraîneur de Konya et d'autres encore ont aussi été interrogés par la police.
Fenerbahçe, vainqueur du championnat en gagnant lors de la deuxieme moitié du championnat 16 de ses 17 matchs, est soupçonné de corruption des joueurs adverses lors de plusieurs matchs. Parmi lesquels : deux victoires à l'extérieur 4-2 chez Gençlerbirliği et 3-1 à Eskişehir, deux victoires à domicile 2-0 contre Konya et 6-0 contre Ankaragücü, avec trois pénaltys à la clé, et surtout le match du titre gagné 4-3 à Sivas. Beşiktaş, de son côté, est accusé d'avoir tenté d'acheter des joueurs d'İstanbul BB, en finale de la Coupe de Turquie, gagnée aux tirs aux buts. En catastrophe, le club avait proposé de "rendre" sa Coupe avant de faire machine arrière, l'UEFA menaçant d'exclure le club de la Liga Europa pour aveu de triche.
La Supercoupe de Turquie prévue le 31 juillet entre Fenerbahçe et Beşiktaş a été annulée et le début du championnat, prévu pour la première semaine d’Août, remis au 9 septembre prochain. Le 21 juillet, c'est un public en colère qui envahissait la pelouse du stade Şükrü Saracoğlu, forçant l'arbitre à suspendre le match, lors de la rencontre Fenerbahçe-Shakhtar Donetsk pour protester l'arrestation du président du club.
C'est toutefois le secret le flou le plus total qui entoure le futur du championnat et des équipes concernées. Le décalage est marquant entre les moyens mis en œuvre, arrestations retentissantes sous l’œil des caméras de figures hauts placées du football en Turquie, annulation des matchs, et l'absence totale de sanctions pour le moment.
Alors que la saison européenne a déjà commencé, aucune décision n'a été a ce jours prise concernant une hypothétique relégation ou un retrait de points des clubs concernés, qui devrait en toute logique entraîneur une exclusion des Coupes d'Europe. En Grèce, accusé de corruption la saison dernière, l'Olympiakos Volos a été exclu de la Liga Europa.
De plus, aucune information ne transparait sur les décisions a venir, rendant difficile pour les joueurs d'envisager leur avenir. La révélation de la saison dernière, Emenike, soupçonné d'avoir simulé une blessure avec Karabük pour ne pas jouer un match capital contre Fenerbahçe, en échange d'un transfert au mercato (le joueur avait été transféré contre neuf millions d'euros), a pris le chemin du Spartak de Moscou quelques semaines a peine après son arrivée. Mamadou Niang devrait faire de même de son côté face à l'avenir incertain de son club.
Une volonté politique ?
Une question s'impose d'ailleurs. Si cela fait plusieurs mois que la police est au courant d'un scandale de corruption, pourquoi ne pas avoir agi sur le fait et attendu la fin du championnat?
Pour certains, le pouvoir en place, craignant des conséquences électorales face à la popularité de Fenerbahçe en Turquie, aurait attendu la fin des élections législatives, début juin, avant de faire éclater le scandale.
Chaque année, des forts soupçons de matchs truqués planaient sur plusieurs rencontres : en Turquie, plus qu'ailleurs, les supporters de clubs rivaux s'accusent mutuellement d'acheter les matchs. Pourquoi avoir attendu maintenant ? D'autres croient savoir que le but de l’affaire est d'abord de mettre hors-jeu Aziz Yıldırım et non le club de Fenerbahçe : selon eux la seule sanction entreprise sera uniquement une sanction allégée, à savoir un retrait de points.
Le hic, c'est que si l'UEFA soupçonne la Fédération Turque de Football (TFF) de tolérer ces pratiques, en étant trop indulgente et ne prenant pas les sanctions adéquates, il se murmure que l'équipe nationale turque pourrait être exclue de l'Euro 2012.
Aujourd'hui, Mehmet Ali Aydınlar, président de la TFF, a déclaré à la presse que le travail d'investigation devrait se terminer la semaine prochaine et qu'une décision devrait être prise à partir de là.
Les risques de connivence existent pourtant bel et bien. Mehmet Ali Aydınlar est par ailleurs le président directeur général d'Acıbadem, groupe du secteur de la Santé, qui sponsorise également le club de volley-ball de ... Fenerbahçe Acıbadem!

Mehmet Ali Aydınlar

Aziz Yıldırım, président de Fenerbahçe
C'est un véritable tremblement de terre qui s'abat sur le football turc depuis le début de l'été. Suite aux forts soupçons de corruption pesant sur plusieurs matchs de la saison passée, plusieurs figures connues du football turc dorment désormais derrière les barreaux dans l'attente d'un procès, sans compter les diverses interpellations.
Minutieusement, depuis quelques mois, la police aurait procédé a des écoutes téléphoniques qui auraient mis a la lumière divers arrangements entre dirigeants, joueurs et tentatives de corruption. Depuis la date choc du 3 juillet, diverses fouilles effectuées aux sièges des clubs concernés auraient permis de déceler certaines preuves.
Parmi les noms les plus marquants incarcérés à la prison de Metris d'İstanbul actuellement : Aziz Yıldırım, président de Fenerbahçe, Tayfur Havutçu, entraîneur la saison passée de Beşiktaş, et Serdal Adalı, vice-président de Beşiktaş.
D'autres comme Şadri Şener, président de Trabzonspor, Emre Belözoğlu et Emenike (transféré entre temps au Spartak Moscou), joueurs de Fenerbahçe, Adnan Polat, ex-président de Galatasaray, Bülent Uygun, entraîneur d'Eskişehir, Yılmaz Vural, entraîneur de Konya et d'autres encore ont aussi été interrogés par la police.
Fenerbahçe, vainqueur du championnat en gagnant lors de la deuxieme moitié du championnat 16 de ses 17 matchs, est soupçonné de corruption des joueurs adverses lors de plusieurs matchs. Parmi lesquels : deux victoires à l'extérieur 4-2 chez Gençlerbirliği et 3-1 à Eskişehir, deux victoires à domicile 2-0 contre Konya et 6-0 contre Ankaragücü, avec trois pénaltys à la clé, et surtout le match du titre gagné 4-3 à Sivas. Beşiktaş, de son côté, est accusé d'avoir tenté d'acheter des joueurs d'İstanbul BB, en finale de la Coupe de Turquie, gagnée aux tirs aux buts. En catastrophe, le club avait proposé de "rendre" sa Coupe avant de faire machine arrière, l'UEFA menaçant d'exclure le club de la Liga Europa pour aveu de triche.
La Supercoupe de Turquie prévue le 31 juillet entre Fenerbahçe et Beşiktaş a été annulée et le début du championnat, prévu pour la première semaine d’Août, remis au 9 septembre prochain. Le 21 juillet, c'est un public en colère qui envahissait la pelouse du stade Şükrü Saracoğlu, forçant l'arbitre à suspendre le match, lors de la rencontre Fenerbahçe-Shakhtar Donetsk pour protester l'arrestation du président du club.
C'est toutefois le secret le flou le plus total qui entoure le futur du championnat et des équipes concernées. Le décalage est marquant entre les moyens mis en œuvre, arrestations retentissantes sous l’œil des caméras de figures hauts placées du football en Turquie, annulation des matchs, et l'absence totale de sanctions pour le moment.
Alors que la saison européenne a déjà commencé, aucune décision n'a été a ce jours prise concernant une hypothétique relégation ou un retrait de points des clubs concernés, qui devrait en toute logique entraîneur une exclusion des Coupes d'Europe. En Grèce, accusé de corruption la saison dernière, l'Olympiakos Volos a été exclu de la Liga Europa.
De plus, aucune information ne transparait sur les décisions a venir, rendant difficile pour les joueurs d'envisager leur avenir. La révélation de la saison dernière, Emenike, soupçonné d'avoir simulé une blessure avec Karabük pour ne pas jouer un match capital contre Fenerbahçe, en échange d'un transfert au mercato (le joueur avait été transféré contre neuf millions d'euros), a pris le chemin du Spartak de Moscou quelques semaines a peine après son arrivée. Mamadou Niang devrait faire de même de son côté face à l'avenir incertain de son club.
Une volonté politique ?
Une question s'impose d'ailleurs. Si cela fait plusieurs mois que la police est au courant d'un scandale de corruption, pourquoi ne pas avoir agi sur le fait et attendu la fin du championnat?
Pour certains, le pouvoir en place, craignant des conséquences électorales face à la popularité de Fenerbahçe en Turquie, aurait attendu la fin des élections législatives, début juin, avant de faire éclater le scandale.
Chaque année, des forts soupçons de matchs truqués planaient sur plusieurs rencontres : en Turquie, plus qu'ailleurs, les supporters de clubs rivaux s'accusent mutuellement d'acheter les matchs. Pourquoi avoir attendu maintenant ? D'autres croient savoir que le but de l’affaire est d'abord de mettre hors-jeu Aziz Yıldırım et non le club de Fenerbahçe : selon eux la seule sanction entreprise sera uniquement une sanction allégée, à savoir un retrait de points.
Le hic, c'est que si l'UEFA soupçonne la Fédération Turque de Football (TFF) de tolérer ces pratiques, en étant trop indulgente et ne prenant pas les sanctions adéquates, il se murmure que l'équipe nationale turque pourrait être exclue de l'Euro 2012.
Aujourd'hui, Mehmet Ali Aydınlar, président de la TFF, a déclaré à la presse que le travail d'investigation devrait se terminer la semaine prochaine et qu'une décision devrait être prise à partir de là.
Les risques de connivence existent pourtant bel et bien. Mehmet Ali Aydınlar est par ailleurs le président directeur général d'Acıbadem, groupe du secteur de la Santé, qui sponsorise également le club de volley-ball de ... Fenerbahçe Acıbadem!

Mehmet Ali Aydınlar
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